Phèdre à Versailles : la tragédie à l’épreuve de la scène

Entre fatalité, passion et aveux impossibles

« Grands Dieux ! C’est toi qui l’as nommée ! »


Lundi 13 avril, dans le très approprié Théâtre Montansier à Versailles, les élèves volontaires de 1ère et de Terminale (rejoints par un ancien Sourcier de 2015) ont vu « les jeux du cœur et de la parole » se déployer cette fois au cœur d’une tragédie : Phèdre de Jean Racine (1677).

Les élèves ont ainsi assisté à la lutte fatale de l’héroïne contre diverses formes de la fatalité, alors que Vénus s’était déjà déchaînée contre sa mère et sa sœur. Ils ont compris comment l’imbrication des liens familiaux et amoureuxincestueux et idolâtres — sur fond d’enjeux de pouvoir rendait son amour impossible. Enfin, ils ont entendu les célèbres aveux jamais libératoires, qu’ils soient faits à Oenone, Hippolyte ou Thésée, dont l’image a peu à peu été remplacée par celle de son beau-fils, en une réécriture du mythe. Il sera alors évidemment trop tard pour rétablir l’innocence d’Hippolyte, condamné par le mensonge de la suivante et la malédiction paternelle.

Les cinq actes inéluctablement sonnés par le gong, dans une mise en scène par ailleurs classique, ont permis aux élèves de ressentir les émotions fondatrices de la tragédie selon Aristote dans sa Poétique : la terreur et la pitié, envers une femme ni complètement innocente, ni complètement coupable.

Elvire et Carole et la troupe des amateurs de théâtre de 1ère et Tale